Après plusieurs mois de fortes tensions, Donald Trump et Xi Jinping ont renoué le dialogue lors d’un entretien qualifié de “grand succès”. Si aucune signature officielle n’a encore eu lieu, plusieurs annonces marquent un possible tournant dans les relations commerciales entre Washington et Pékin.
Le jeudi 30 octobre, Donald Trump s’est entretenu pendant 1h40 avec son homologue chinois alors qu’il se rendait en Corée du Sud pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Cette rencontre, la première depuis 2019, fut qualifiée de « grand succès » par le président étatsunien. Samedi 1er novembre, les détails des accords conclus furent publiés par la Maison-Blanche annonçant une apparente accalmie de la guerre commerciale faisant rage entre les deux puissances. Si Donald Trump se vante des résultats de cette rencontre, aucun accord formel n’a encore été signé, mais il pourrait voir le jour lors de sa visite en Chine prévue pour avril 2026.
Parmi les décisions, une réduction partielle des droits de douane imposés aux importations chinoises a été communiquée. Selon les déclarations, ces derniers passeraient de 57 à 47%. Parallèlement, une baisse des taxes de 20 à 10% sur les produits précurseurs du fentanyl et une coopération pour l’endiguement et le contrôle des produits liés au trafic de drogue ont été annoncés. En retour, la Chine promet de reprendre ses achats de soja et de prolonger d’un an la suspension des taxes mises en place en mars sur des produits agricoles américains.
Le volet central des négociations sino-américaines fut cependant la question des terres rares. La Chine concentre près de 90% du raffinage mondial de ces minerais, désormais essentiel pour le développement technologique. Alors que de nouvelles taxes ciblaient la Chine, cette dernière présentait de nouvelles restrictions sur les exportations de terres rares, imposant aux entreprises étrangères de posséder une licence – émise par le gouvernement chinois – pour importer ces minerais critiques. Ces mesures sont toutefois levées pour une durée d’un an, selon la déclaration de Pékin ce mercredi 5 novembre.
D’autres thématiques telles que le transport maritime ont été abordées lors des négociations, menant les Etats-Unis à suspendre leur enquête sur l’industrie navale chinoise pour un an, mettant ainsi en suspens les taxes douanières associées. Un accord énergétique, avec un possible engagement de la Chine à acheter de l’énergie américaine, a été mentionné mais reste flou. D’autres dossiers tels que celui de Taïwan et des ambitions chinoises à l’encontre de ce territoire, n’ont pas été évoqués.
En somme, la rencontre entre les deux chefs d’Etat implique une possible reconfiguration de la rivalité sino-américaine. Ces accords conclus constituent un apaisement temporaire mais laissent toutefois subsister des rapports de forces et des fractures structurelles.
Balsane FITSCH-MOURAS

