C’est Geert Wilders, le dirigeant néerlandais d’extrême droite qui, en novembre 2023, avait provoqué ces élections législatives anticipées. Il a ainsi précipité la chute du gouvernement de Dick Schoof en juin dernier, après un désaccord sur la politique migratoire, et c’est lui qui en ressort perdant le lendemain des élections.
En effet, malgré un résultat serré entre le D66, de formation sociale-libérale, et le PVV (parti pour la Liberté) formation d’extrême-droite, obtenant respectivement 16,9 % et 16,7 % des voix, c’est bien la surprise créée par le D66 qui a retenu l’attention. Le parti, dirigé par Rob Jetten, 38 ans, est passé de 9 sièges, aux précédentes élections législatives, à 26 cette fois-ci. Le parti de Geert Wilders, lui, a perdu 11 sièges, passant ainsi de 37 à 26. C’est donc le travail de coalition qui va réellement déterminer le parti qui dirigera le pays. Or, avant même le résultat des élections législatives, les autres partis politiques ont annoncé ne plus vouloir travailler avec le PVV ; même le parti conservateur VVD a qualifié Geert Wilders de “très peu fiable”.
Le D66, bien que grand gagnant avec 17 sièges supplémentaires, est arrivé à égalité avec le PVV en nombre de sièges : 26. C’est bien loin des 76 sièges requis pour avoir la majorité au Parlement néerlandais. Ainsi, cette victoire est à relativiser, car si le PVV a perdu beaucoup de sièges, d’autres formations d’extrême-droite : JA21 et le Forum pour la démocratie, en ont gagné, à tel point que l’extrême-droite néerlandaise n’a finalement, pas perdu de siège.
Bien que la victoire de Rob Jetten soit rendue officielle ce vendredi 7 novembre, en attendant les derniers votes par correspondance, on peut déjà affirmer que c’est à lui que reviendra la tâche de former une coalition. En effet, le mode de scrutin aux Pays-Bas, au suffrage universel direct à la proportionnelle, nécessite, pour former un gouvernement, une forte culture du compromis et la mise en place d’un accord entre les partis politiques majoritaires. Ainsi, l’option la plus probable de coalition devrait réunir 4 formations politiques, la gauche-écologiste incarnée par le GL-PvdA, le parti de centre-droit, CDA, et le VDD, de droite républicaine. Les négociations s’annoncent longues, et la presse nationale émet des premiers doutes quant à la possibilité de faire tenir sur le long terme une coalition qui va de la droite conservatrice à la gauche écologiste.
On peut résumer la situation de cette façon : la démocratie et l’optimisme n’ont pas dit leur dernier mot aux Pays-Bas, cependant, cette victoire indique autre chose, une société néerlandaise très fragmentée, deux visions de l’Europe, de la société, de l’économie, de la place des Pays-Bas qui se font face dorénavant au Tweede Kamer, la Seconde Chambre.
Louise CAMBON

