Maia Sandu/EPA

Le 11 janvier 2026, lors de la sortie du podcast The rest is politics : Leading, la présidente  de la Moldavie, Maia Sandu, a affirmé : « If we have a referendum, I would vote for the  unification with Romania ». La présidente justifie son propos par le constat qu’il est de plus en plus compliqué de survivre en tant que démocratie et pays souverain, notamment du fait des  ingérences russes. 

Une histoire commune 

Pour comprendre cette déclaration, il faut reprendre l’histoire entre ces deux pays. Tout d’abord, la Moldavie actuelle n’est qu’une partie de la région historique moldave. En effet, la Bessarabie couvrait une partie de la Roumanie, la Moldavie et une partie de l’Ukraine. De 1918 à 1939, l’État roumain et moldave formaient donc un tout. 

Cependant en 1939, par le biais du pacte Molotov-Ribbentrop, l’URSS annexe une partie de  l’Etat roumain, recréant un État moldave. Du fait de cette histoire commune, les liens entre les  deux États sont forts, ce qui explique l’affinité des présidents en place. Du côté des populations des deux pays, on retrouve notamment une grande proximité dans la langue, toutes deux latines. Pour finir, sur 2,4 millions de Moldaves environ 1 million ont une double nationalité roumaine – dont la présidente – leur permettant de voter aux deux élections.

Les réels objectifs de la présidente  

Selon plusieurs spécialistes, les propos de la présidente n’ont pas vocation à signifier une réelle intention d’unification. En revanche, c’est un moyen pour elle de mobiliser la Roumanie et les Vingt-Sept États membres afin d’accélérer l’adhésion de la Moldavie à l’UE. Ces déclarations marquent, encore une fois, une orientation pro-européenne et contre le Kremlin. 

Une réunification à l’encontre des opinions publiques 

La présidente est entrée dans un débat brûlant, notamment pour les socialistes et les pro-russes  moldaves. Pour eux, il s’agit d’une trahison de la part de leur présidente. Du côté roumain la  déclaration a été mieux accueillie politiquement. Cependant, l’opinion publique roumaine reste  globalement réticente à l’idée d’unification. En effet, 65 % des Roumains y sont opposés, avec des motivations marquées par les différences de niveaux de vie et la persistance de l’influence russe, ce qui dessert la Moldavie. 

Des propos alarmistes 

Certains observateurs comme Cristian Tudor Popescu, montrent que ces propos peuvent  résonner comme la crainte d’une possible « opération Maduro » orchestrée par la Russie à son encontre. En effet, ces déclarations ont été prononcées 8 jours après l’opération américaine à l’encontre du Venezuela, pouvant donner des idées à Vladimir Poutine.

Lancelot BALISSON

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